Trois familles de Roumains vivent actuellement dans des baraquements sur un terrain vague à Antibes-les-Pins. Ils ne dérangent personne, mais cette situation ne peut pas durer. : Maurice Bernaudon Trois familles roumaines installées sur un terrain vague de l'avenue de Cannes sont menacées d'expulsion.
Une dizaine de personnes, dont deux enfants, vivent là dans des baraquements de fortune, depuis huit mois.
Personne ne s'en plaint, tout au contraire, des voisins viennent leur apporter aide et réconfort.
Mais voilà, ils sont installés sur le terrain du conseil général, destiné à l'édification du futur collège d'Antibes-les-Pins.
Une procédure en référé a été engagée à leur encontre et l'ordre d'expulsion est en vigueur depuis lundi.
Seront-ils délogés par la force ?
Des baraques bien entretenues
Des riverains qui soutiennent les Roumains se sont rendus avant-hier sur place avec une interprète.
A leur côté, Gérard Piel, conseiller régional,.
« Ils essaient de s'intégrer, explique l'interprète en présentant des feuilles de paye. En effet, Nicolaï, a trouvé du travail dans une entreprise de maçonnerie et son fils de dix ans est inscrit à l'école de Saint-Maymes.
« Quant aux deux autres couples, ils essaieront d'en faire autant. »
« Ce ne sont pas des squatters comme les autres qui ont été notamment délogés de la résidence Saint-Georges, proche du Provençal, rappelle Gérard Piel, regardez comme leurs petites maisons, faites de bric et de broc, sont impeccables. Bien tenues. »
En effet, c'est propre ! Tout autour, le terrain a été débroussaillé et ils ont planté des fleurs.
C'est arrangé avec goût, ils ont même installé un coin terrasse, éclairé le soir grâce à une batterie de voiture rechargée régulièrement par une voisine.
C'est dire que les voisins sont présents et ne veulent pas qu'une expulsion punitive renvoie ces Roumains dans un autre squat. Il faut donc trouver une solution.
Un délai d'expulsion est demandé
Dans un courrier envoyé à Christian Estrosi, président du conseil général et au sous-préfet Claude Serra, Gérard Piel, demande aux autorités de surseoir à la procédure d'expulsion pendant l'été, d'autant que la construction du collège ne doit pas commencer avant plusieurs mois.
« Ces personnes ont besoin de quelques semaines pour organiser leur relogement (mobil-home en camping). Le mois d'août n'étant pas favorable à ce relogement.
« Les riverains et moi-même sommes conscients que cette situation ne peut pas perdurer, mais il faut un délai raisonnable afin que ce problème ne soit pas déplacé sur un autre terrain. »
Pour l'heure, la police n'a pas encore eu mission d'intervenir.