ant_infog_pdu.jpg(3684194).jpg : S'il est un axe fondamental au sein de la Casa, c'est bien celui-là : l'axe nord-sud, entre le coeur de Sophia et le centre d'Antibes. Il est intrinsèque à la communauté d'agglomération : la deuxième ville du département est à trois battements d'ailes de la première technopole d'Europe, mais à une petite heure d'embouteillage. Il est tout aussi essentiel à la vie du département : tous les jours, des milliers de salariés font des dizaines de kilomètres pour se rendre à leur travail. Avec deux conséquences aussi néfastes tant la baisse du pouvoir d'achat des sophipolitains (le prix de l'essence) va de pair avec le réchauffement climatique (le coût écologique du tout voiture).
À ces deux maux, un remède : les transports en commun. Lundi, deux collectivités se penchaient sur ce dossier. Le SYMISA (syndicat mixte de Sophia Antipolis) dans la matinée, la communauté d'agglomération dans la soirée (voir aussi Nice-Matin d'hier).
L'idée-force, envisagée par Christian Berkesse, le maire de La Colle-sur-Loup et en l'espèce vice-président de la CASA en charge des transports : créer un TCSP (transport en commun en site propre, c'est-à-dire en langage profane des voies réservées aux bus ou tramways) entre le centre d'Antibes et le coeur de la technopole. Qui pourrait en l'espèce prendre la forme d'un tramway à pneu (un tramway parce que c'est la forme la plus incitative, et à pneus parce que le relief entre le littoral et le moyen pays l'exige). Coût prévisionnel de ce dossier : 100 millions d'euros. Il ne se concrétisera pas avant l'ouverture de la fameuse troisième voie littorale de la SNCF. D'ici trois à quatre ans dans le meilleur des cas. Notamment parce que, pour être efficace, il devra être relié à la gare SNCF d'Antibes.
De Vautrin aux Trois Moulins en passant par St-Claude
« Un projet majeur pour l'avenir de Sophia », insistait avant-hier soir Jean Leonetti. Et pour Antibes, n'omis pas de rajouter son député-maire. Car ce tramway modifiera sensiblement la circulation intra-muros. L'itinéraire passera par la gare SNCF d'Antibes, le boulevard Vautrin, l'avenue Jules-Grec, le chemin de St-Claude, l'avenue de la Sarrazine, la route de Grasse, la zone commerciale d'Antibes péage et enfin le giratoire des Trois Moulins, avant de rejoindre la technopole.
15 minutes d'Antibes à Sophia
Selon le projet de la CASA, il faudrait pouvoir mettre le centre-ville à 5 minutes de la Croix Rouge et à 15 minutes du centre de Sophia.
La grande difficulté de ce tracé, et Jean Leonetti ne se lasse pas de le rappeler, c'est le franchissement de l'A8. « C'est là que doivent se porter nos efforts », rappelait-il lundi soir à la maison des associations, où se tenait le conseil communautaire de la CASA. Un franchissement qui, pour les raisons évoquées ci-dessus, se veut essentiel. Mais, et c'est là l'autre difficulté de ce tracé, le développement de la technopole ne se limite pas au territoire antibois. « On ne peut pas faire comme si rien n'était prévu à Saint-Philippe [sur la commune de Biot, ndlr.] et des Clausonnes [sur celle de Valbonne]. Dans les trois ans à venir, 50 000 m2 de bureaux et de logements doivent s'y construire ». D'où la volonté de la CASA d'envisager la desserte de ces deux communes. Elles sont aujourd'hui classées hors PDU (plan de déplacements urbains).
Simple effet d'annonce ? « Cela fait quelques années que l'on observe une maturation dans l'approche de ce dossier par les différents acteurs », glisse le sénateur-maire de Valbonne, Marc Daunis. À lui, aujourd'hui, d'accompagner de nouveaux tracés : « On ne va pas faire des arrêts de bus tous les 100 mètres. L'urbanisation [à venir sur Sophia] devra accompagner la politique des transports. Nous sommes prêts, aujourd'hui, de revoir la question des hauteurs des immeubles ». Et si d'aventure certains criaient au scandale, on pourra toujours leur rétorquer qu'il faut faire un choix entre le mitage du parc de Sophia Antipolis et le développement de modes de transports plus adaptés aux besoins de ce siècle.