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Nice-Matin
Actualité Antibes
jeudi 26 juin 2008

Antibes : Pas de nuit de noces cette année pour les chenilles processionnaires

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Les chenilles processionnaires que les doctes latinistes désignent familièrement sous le nom de Thaumetopoea pityocampa ne vont pas pouvoir faire « crac crac » cet été.

La Ville, en effet, via son service Espaces Verts dirigé par Francis Baccialone, a décidé d'expérimenter un traitement qui vise à limiter la population de ces insectes plus gênants que dangereux.

L'idée est ingénieuse : elle consiste à installer dans les pins où nichent ces indésirables bestioles, des pièges sexuels qui vont littéralement emprisonner les mâles de l'espèce... et les empêcher de féconder leurs femelles.

Une alternative intéressante à la méthode plus traditionnelle de pulvérisation, difficile à mettre en pratique en milieu urbain sur des arbres de haute taille.

Un été sans orgasme

Pas d'orgasme en vue donc pour les petits papillons bruns-noirâtres - inoffensifs eux - nés de la métamorphose des chenilles processionnaires.

Car c'est sur l'insecte adulte, apte à se reproduire, que l'on va agir. La méthode - biologique - que la Ville a décidé de tester, est basée sur les phéromones sexuelles.

Une substance de synthèse reproduit la phéromone émise par la femelle. Utilisée par diffusion à l'intérieur des pièges, elle attire inexorablement le mâle qui se retrouve coincé entre les parois d'une petite boîte avant de finir ses jours au fond d'un sac plastique.

Dix pièges pour commencer

« Si le fait d'avoir recours à des phéromones pour piéger les insectes n'est pas nouveau en soi, y compris pour d'autres espèces, c'est la première fois que nous mettons cette méthode en pratique à Antibes, explique Francis Baccialone. La Ville a fait l'acquisition d'une dizaine de pièges dont le rayon d'action est assez important et que nous avons installés dans des lieux bien précis, difficiles à traiter, comme les abords de la crèche des Châtaigniers, l'Eden Roc ou encore la pinède. Nous en avons également placé un sur l'un des pins qui est situé dans le périmètre des serres municipales, afin de constater son efficacité. Si ça marche, nous mènerons l'an prochain une campagne de sensibilisation auprès des particuliers. »

La chenille processionnaire, il faut le savoir, compte peu de prédateurs naturels (ndlr, le coucou et la mésange en font partie). Pour autant, « il ne semble pas que la population de ces insectes augmente d'une année sur l'autre, assure Francis Baccialone. En revanche, les gens sont peut-être plus sensibles qu'autrefois à leur présence. » L'an dernier en tout cas, Antibes a dépensé 15 000 euros TTC pour traiter de façon traditionnelle les jardins publics et les environs des écoles et des crèches. La lutte contre la chenille du pin a donc un coût que pourrait venir atténuer le recours aux phéromones. Et tant pis si ce traitement original va frustrer les petits lépidoptères... de leur nuit de noces.

Éric Farel
Nice-Matin
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