: Photo B. P. C'est le privilège du tyran domestique. Tu invites la moitié de la planète, quelques stars, les copains, les parents, à ton anniversaire et, au dernier moment, tu les plantes. Un verre de champ' à la main et les yeux pour pleurer la belle party si privée qui devait être donnée deux heures avant le concert dans les coulisses lounge-isées du palais Nikaïa. Elle est magique, la Madonna.
Alors qu'on s'est fait beau, qu'on a sorti les robes de soirée et les limousines vitres teintées pour être là lorsque Louise Ciccone soufflera ses 50 bougies, c'est la douche froide. Il est 20 heures. La boum pour supra VIP madonniens aurait dû débuter il y a belle lurette et voilà que, chic, classe mais définitif, le majordome de la reine vient tirer le rideau. Avant même qu'on ait frappé les trois coups. Motif, la Ciccone a changé d'avis. Elle n'a pas fini son training ! Circulez, il n'y a plus rien à voir.
Bono qui devait pousser un « happy birthday rock'n'roll » remballe du coup sa bonne humeur. Madonna l'a planté là, mais il en a vu d'autres. Fair-play, l'Irlandais rockant se contente de dégainer de sa poche revolver le gros cigare cubain qu'il réservait aux agapes madonniennes et s'en va discuter avec Christian Estrosi qui passe par là. « Oh monsieur le maire, il faut qu'on se voie ». On s'échange des cartes de visite. Le rockeur et le maire parlent politique. « J'étais chez Nicolas Sarkozy votre président la semaine dernière, il m'a reçu dans sa résidence du Cap Nègre, et j'ai été séduit : c'est un homme formidable ».
Il est 21 heures. Elton John, son mari David Furnish et sa bande de quatorze copains ont déjà fui les coulisses. Pas question de boire le calice de l'humiliation jusqu'à la lie en faisant le pied de grue devant la loge de Madame. Sir Elton préfère aller se venger illico en volant la vedette à la sainte peste : alors que Louise Ciccone monte sur scène, tout le stade en délire lui tourne le dos... n'ayant d'yeux que pour Sir Elton qui fait sa diva en regagnant son siège en tribune. Quant aux autres supers VIP, tant attendus, on ne les voit nulle part. Soit parce que rouge colère, ils ont regagné leurs pénates. Soit tout simplement parce qu'ils n'existent pas.
Pas plus de Barack Obama en effet que de cheveux sur la tête à Mathieu dans les loges... Dieu sait pourtant que, dans les loges, on ne parle que de sa venue depuis le début de la journée. Pas plus de Al Gore. On croise bien Laurent Gerra qui, à lui seul, pourrait les imiter tous, mais le compte n'est pas bon. Pas plus qu'à Cardiff où il y a trois jours Madonna avait déjà fait le coup à ses amis de la partie anniversaire ratée. Si ce n'est pas de la constance ça, je ne m'y connais pas. Pour ce qui est de la politesse en revanche, c'est une autre histoire.