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Nice-Matin

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dimanche 11 mai 2008

Nice : Le marché de gros, un régulateur de prix pour les fruits et légumes

 Durant ce week-end, le public peut profiter des tarifs préférentiels du MIN qui a réussi à contenir la hausse des prix des fruits et légumes.  :  Photo Franck Fernandes Durant ce week-end, le public peut profiter des tarifs préférentiels du MIN qui a réussi à contenir la hausse des prix des fruits et légumes. : Photo Franck Fernandes

«Les gens n'ont plus d'argent ».

Le constat est de Michel Dessus, président de la Chambre départementale d'agriculture et horticulteur au MIN.

Contrairement à ce week-end de fête où il s'ouvre à un public nombreux (1), habituellement, le Marché d'Intérêt National s'adresse exclusivement aux détaillants.

Mais cela ne l'empêche pas de ressentir les soubresauts de la consommation, en panne de pouvoir d'achat. Par ricochet.

« Il y a trente ans, quand je venais avec mon père au MIN, beaucoup d'épiciers venaient s'approvisionner avec les gros fourgons Citroën qu'ils chargeaient à ras bord, se souvient Joseph Calza, président de la SOMINICE (société exploitante du MIN).

« Aujourd'hui, ils viennent avec de toutes petites camionnettes ».

Preuve que l'inflation du coût des matières premières et de l'énergie pénalise toute la chaîne commerciale, de la production à la consommation, en passant par la vente et la revente.

Pourtant, malgré l'augmentation des années euro, on se targue au MIN de contrôler cette hausse générale des prix.

Voire de la contrebalancer.

Le bois plutôt que le fuel

Comment ? D'abord en se serrant la ceinture, notamment dans l'horticulture. « Il n'est pas possible de répercuter 30 % de surcoût de production sur la vente », affirme Michel Dessus. On essaie plutôt de pallier la flambée du fuel qui embrase la production sous serre « par une réflexion sur l'usage de l'énergie durable ».

Courant 2008, la filière bois va ainsi être expérimentée sur des cultures à la Gaude.

Les maraîchers locaux, eux, se tournent progressivement vers le compostage (broyage de végétaux), et en appellent aux politiques pour créer « des pôles agricoles, où le foncier serait mis à disposition des agriculteurs », avance Jean-Pierre Clerissi, leur représentant au MIN. En attendant, pour esquiver la concurrence des tomates marocaines, melons des Antilles et « autres importations extra-européennes », les agriculteurs azuréens ont « modifié leur production de primeurs pour se recentrer sur les produits de saison », évidemment moins chers à cultiver. Quant aux 40 grossistes revendeurs du MIN, qui s'approvisionnent partout en Europe, ils font jouer la concurrence entre tous les pays fournisseurs sur chaque produit, afin de le proposer au meilleur rapport qualité-prix.

Prix de gros à -30 -50 %

« Cette année par exemple, l'abricot de la Drôme a souffert de la gelée, alors on doit en trouver ailleurs en Europe pour éviter sa raréfaction et stabiliser les cours », explique Yves Francia, président des grossistes du MIN.

Résultat : une stabilisation des tarifs affichés au MIN en 2006, 2007 et 2008.

« Ici, les prix de gros, réservés uniquement aux professionnels, restent inférieurs de 30 à 50 % aux prix pratiqués sur les marchés », confirme Joseph Calza.

Le MIN a donc un rôle de régulateur général sur les prix de nos produits locaux. Malheureusement, le consommateur « lambda » ne profite généralement pas de cette « ristourne », hormis une fois par an lors du « MIN en fête ». Par le jeu des intermédiaires successifs (centrales d'achat...), ou l'appétit des revendeurs, les fruits et légumes se paient souvent au prix fort.

« Sur la Côte d'Azur, l'existence d'une clientèle à fort pouvoir d'achat permet à certains marchands de maintenir des tarifs élevés », relève Michel Dessus.

Pour les autres clients, raison de plus pour savourer ce week-end à petits prix.

1. Lire également nos éditions de Nice.

Alexandre Carini
Nice-Matin

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